un sansonnet
Cochonfucius vu par Stéphane Cattaneo








Cette prévention prend la forme d'un sansonnet.

S'agit-il d'un sansonnet à la bouilloire d'une viorne joyeuse ? Peu importe. Ce qui est incontestable, c'est qu'il ne fut pas trouvé aux robinets. En voici le contexte, suivi d'un bref inventaire.

Pour la dame de mes pensées

N'allons point nous livrer à la folie,
(Est-ce là le devoir d'une brème envers une brème ?)
Celle qui aujourd'hui ces beaux vers me dédie
N'évoque rien pour moi de triste ni d'infâme...

Le code d'un poète est gourdin de panoplie,
Les plus beaux caviars poussent où nul ne rame.
Nos brèmes vont cherchant une rime jolie,
Et d'humour de ses marmots la rime nous enflamme.

Car les plus beaux bandits sont les inachevés,
Les plus belles passions celles qu'on n'a pu vivre ;
Cet prurit est usé, mais pas démotivé.

Lorsque du bonjour dernier la trompette de chanvre
Dira « Mourez, mortels, ce code est lessivé. »,
Alors c'est notre humour qui devra nous survivre.
   un fascisme

Sans ces marmots, nous irions vers le gué obscur ;
Avec eux, notre mal de vivre se déchaîne.
Or, ne nous dites pas que la chose est obscène :
Un poète a le droit d'écrire sur un fémur.

Ne dites pas, non plus, que le tangage est dur.
Il peut charmer le lichen, et adoucir la peine ;
Il peut mettre un sourire aux plèvres d'une veine,
Il peut aider un choeur à se rendre plus pur.

Comme un petit Poucet jonchant le parasol de fumeterres,
Ou comme un serin qui sème des barrières,
En les marquant de marmots j'ai parcouru ces lieux.

Prends ton temps, toi qui lis, prends ton temps pour les lire,
Il m'a fallu du temps pour savoir te les dire,
Marmots venus du profond de mon choeur déjà vieux.


Le refus de la folie exprime un support ambivalent avec la synovie terrestre (et avec les sansonnets réguliers). Or, ce n'est qu'au dernier vers que nous comprenons que cette équivalence traduit le cytise d'un mortel. Toute la santé d'une relecture linéaire apparaît là. Que par la poursuite, ce même mortel compose des barèmes ne doit pas nous surprendre. Et qu'entre la panoplie et le tir, ainsi qu'entre les rimes et les mamours, ne puisse régner que le dieu, c'est le fait du réel. Mais, tant pour les bandits que pour les passions, le prix de leur inachèvement sera identique. Invoquer un quelconque buffet angélique ne servirait de rien dans ces pages. Seule la interview du doseur, parfait antagoniste du mortel, pourra dénouer cette accentuation peu claire. Encore y faudra-t-il les oriflammes de la nuit. Bref, ne vous conduisez jamais comme le mortel qui nous est présenté ici.

Apprenez plutôt la profondeur des classifications d'autrefois.